Techniques de reliure

Voici les étapes de reliure traditionnelle qui transforment un livre de simple objet en ouvrage d’art, rien de moins !

Outils

« La reliure, c’est une succession de petites étapes enquiquinantes
auxquelles on prend grand plaisir », dixit Jean, notre « chef à dorer ».

1/ Débrochage

Le livre choisi est décousu cahier par cahier et soigneusement nettoyé de l’ancienne colle. Si nécessaire, on répare les feuilles déchirées à l’aide d’onglets. Éventuellement, on réinsère l’ancien dos et la couverture.

2/ Pages de garde

On choisit un papier d’une teinte proche de celle des pages du livre pour tailler les pages de garde, que l’on protège à l’aide d’un papier kraft.

3/ Grecquage

Le livre étant fixé sur une presse, on fait des grecques (déterminées avec un abaque), c’est à dire des sillons en forme de « V », à l’aide d’une scie à grecquer, pour pouvoir passer les ficelles de la cousure (4 ou 5 suivant la grandeur du livre), ainsi qu’une chaînette en tête et une autre en queue.

4/ La Cousure

Une fois le grecquage effectué, le livre doit être cousu cahier par cahier sur le cousoir (On peut coudre à deux cahiers).

Les ficelles sont tendues à l’aide de vis en bois et le fil est passé alternativement entre les ficelles par les trous du grecquage.

5/ Passure en colle

Il s’agit d’encoller le dos pour le consolider et de le faire sécher entre deux « ais ».

6/ Arrondissure

Après séchage, le dos est arrondi à l’aide d’un marteau sur un tas à battre puis on façonne les mors dans lesquels viendront se placer les cartons.

7/ Cartons

Les cartons sont taillés à la cisaille de façon à dépasser sur les trois côtés du livre, d’une largeur de 2 à 3 millimètres appelée « chasse ».

8/ Perçage des trous

On perce quatre trous à 1 ou 1,5 centimètre du bord des cartons, face aux ficelles, sur un plomb à battre. Les ficelles sont effilochées.

9/ Passure des ficelles

On monte les plats en passant les ficelles de l’extérieur vers l’intérieur, puis on en coupe l’extrémité et on les colle en éventail côté intérieur du carton.

Les ficelles sont ensuite logées dans des petites gorges que l’on creuse dans le carton avec la pointe ; la couverture devient ainsi solidaire du livre.

10/ Ponçage

On fait cambrer les cartons à l’aide d’un papier kraft détrempé au préalable. Les bords sont ensuite émincés à la pointe et poncés au papier de verre.

11/ Carte

Une carte – papier épais – est collée sur les deux plats et poncée en pente sur les bords.

12/ Mousseline

Sur le dos, on pose une mousseline, puis un signet (ruban marque-page) et une tranchefile dont on accorde les couleurs au cuir choisi pour la couverture. On peut confectionner soi-même la tranchefile ou l’acheter toute faite.

13/ Dos

On découpe une ou deux (voire trois) bandes de carte ou de papier goudron que l’on mouille légèrement pour favoriser l’arrondissure avant de les coller sur le dos.

On taille ensuite le faux-dos légèrement plus étroit que le dos et on l’émince avant de l’encoller en deux fois, seulement entre la première et la dernière ficelle.

Le poncer si nécessaire et coller éventuellement les nerfs (mince bande de cuir destinée à créer un relief sur le dos).

14/ Dos-coins

Pour un dos-coins, on taille la peau choisie à l’aide du plioir et d’un gabarit. Les coins sont des triangles isocèles.

La peau, préalablement parée, c’est à dire amincie sur les bords, est soigneusement encollée à la colle de pâte, puis rabattue à l’intérieur.

Les bords du cuir posé sont élagués pour faciliter la pose des gardes extérieures, généralement en papier marbeline qui sert aussi pour les gardes intérieures.

14bis/ Pleine-peau

La peau préparée par le pareur, est encollée grassement à la colle de pâte (1). Avec la paume des mains, on la tend sur le dos et les plats du livre, en prenant soin de ne pas la marquer (2). Le livre retourné sur un molleton, on procède aux remplis tête et queue (3), puis on forme la coiffe en haut et en bas du dos (4). Ensuite, on forme les coins intérieurs (5).

Toutes sortes de décors sont possibles :
– Incrustations
– Mosaïques de cuirs
– Décors en relief
– Et selon l’imagination du relieur !
Vous trouverez des exemples variés de ces techniques dans la rubrique « Livres ».

Il existe différents types de peau : chagrin (chèvre du Cap à grain petit), maroquin (chèvre du cap à grain épais), basane (mouton), buffle, serpent, galuchat (poisson), veau velours, parchemin. Elles se différencient par leur texture et leur fragilité. On les trouve en couleurs variées.

15/ Finition

On élague l’intérieur des plats à la pointe, on ôte le kraft de protection, puis on taille et on pose les gardes intérieures.

On trouve un très grand choix de motifs et de couleurs dans les magasins spécialisés. Avec l’équipement requis, on peut aussi les fabriquer soit-même !

16/ La dorure

On compose le titre et le nom de l’auteur à l’aide de caractères séparés par des cadrats, que l’on dispose à l’envers dans le « composteur », avant des les appliquer à chaud sur un ruban d’or posé sur le dos du livre.

Les décors sont réalisés à l’aide de fers à dorer et de fleurons variés.

17/ Étui ou coffret

Suivant la fragilité ou le raffinement du décor, il est parfois bon de confectionner un étui et/ou un coffret afin de protéger le livre.

Les diverses parties sont préparées : l’intérieur est recouvert de suédine et les bords de cuir, puis le coffret est monté et enfin recouvert d’un papier neutre ou assorti au livre.

Toutes ces étapes, qui demandent une cinquantaine d’heures de travail par livre, doivent être réalisés avec une attention et une minutie constantes. Il est interdit de bâcler, sous peine de voir réapparaître les défauts une fois le livre achevé !

Maintenant, nous vous invitons à découvrir quelques-unes de nos réalisations